Il y a trois sortes de bus.
· Tout d’abord, il existe un système classique, appelés Dem Dick (« aller-revenir »). Les véhicules sont à peu près les mêmes que chez nous. Les arrêts sont assez visibles et certains sont abrités. Dans ce bus, une personne se charge de vendre les tickets. Elle se trouve dans une petite cabine grillagée située au milieu. Sur l’avant du bus, se trouve le numéro de la ligne. Les trajets sont fixes mais les horaires ne le sont pas. Il est cependant difficile de les connaître lorsque l’on n’est pas du coin car il n’y a pas de plans ou de cartes disponibles. Il faut demander ou les essayer. Ces bus sont relativement peu nombreux et plus chers que les deux autres.
· Le deuxième type de bus est le Diack Ndiaye. Sa taille est de moitié plus petite que le premier. On le trouve plus souvent. Ces bus sont censés être numérotés mais ils ne le sont pas toujours. Les trajets sont fixes mais pas les horaires. A l’arrière de ce bus ce trouve un apprenti qui s’occupe de récolter l’argent et d’informer les passants de la destination du bus.
· Le troisième type de bus, et le plus typique, est le car rapide. Il n’a cependant de rapide que le nom car comme tous les autres bus, il est soumis aux aléas des embouteillages. Ils ne fonctionnent que dans la région de Dakar. Dans ces cars rapides, on trouve également un chauffeur et un apprenti. Ce sont eux qui s’adaptent en temps et en heure aux demandes des passants pour choisir leurs destinations. Autrement dit, ils n’ont pas de numéros et les lignes ne sont pas fixes. Les trajets sont parfois très saugrenus et peuvent même changer en cours de route. Les cars rapides sont très nombreux. Ce sont eux les fameux cars jaune et bleue, décorés de photos en tout genre, de gadgets, de phrases porte bonheur. Ils sont pour la plupart très anciens polluent beaucoup.
Comment prendre un car rapide ? Il faut tout d’abord connaître précisément sa destination et son appellation locale ainsi que les grandes étapes de votre trajet, car il est souvent nécessaire d’en prendre plusieurs. Il faut également tendre l’oreille et s’entraîner à comprendre les apprentis qui crient en wolof la destination « globale » du car. Attention, si vous leur dites votre destination, il est possible que l’on vous dise « oui, c’est bon » juste parce que vous êtres blanc ou parce qu’ils sont pressés. Comprendre les cars rapides nécessite beaucoup d’entrainement. D’une manière générale, les sénégalais ne parlent pas fort dans ces moments là mais il étonnant de voir que l’apprenti parviens toujours à comprendre. Parfois, certains font juste un geste du doigt signifiant « tu vas à droite ? », « tu vas à droite ? », « tu vas tout droit ? » et l’apprenti répond oui ou non d’un signe de la tête. L’apprenti détient un réel savoir-faire. Quelques mètres avant les arrêts, il crie la destination et repère l’ensemble des personnes susceptibles de vouloir prendre un car. En communiquant d’une manière très rapide, il parvient à faire comprendre aux personnes intéressées qu’il faut venir. D’une manière générale, les sénégalais ne se pressent jamais à ce moment, le système est tellement bien maîtrisé que vue de l’extérieur, on ne comprend pas tout de suite. Parfois, le car ne s’arrête pas tant tout est bien coordonné. Par contre, on attend toujours celui qui a manifesté l’intention de prendre le car et qui traine un peu. Quand tout le monde est monté, l’apprenti tape sur la toiture du car pour dire au conducteur de repartir. Quand il retape à nouveau, c’est pour signifier qu’il y a quelqu’un qui est en retard. Une fois dans le car, l’apprenti s’occupe de récolter l’argent en fonction des destinations, ce qui nécessite d’être physionomiste. Les cars sont souvent pleins alors chacun fait passer les pièces jusqu’à l’apprenti, de même dans le sens inverse pour rendre la monnaie. L’apprenti est toujours accroché au dos du bus. C’est un métier physique car les routes ne sont pas en bon état. Pour sortir du bus, tapez vous-même sur la tôle du car, soit avec votre main, une pièce ou une bague. L’apprenti vous entend et transmet le message au conducteur en tapant une nouvelle fois sur le toit du car.
Au premier abord, ce système est incompréhensible. Mais l’expérience permet de mieux comprendre. Il est difficile de dire si ce sont les sénégalais qui se comprennent très bien ou si c’est le manque de moyen, le cadre de la ville de Dakar, qui a amené ce système très personnalisé. En tout cas, de notre point de vue d’occidentaux, le manque apparent d’organisation et la réelle efficacité du système donne lieu à quelque chose de vraiment étonnant.